Vidéo : A Aulnoy sur les pas de Jehan de Brie - randonnée à Aulnoy
le jeudi 6 août juin 2026 - 8 km
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Musique :
Il pleut, il pleut bergère - instrumental
A Aulnoy sur les pas de Jehan de Brie
Départ : parking de la mairie. mairie - puits - lavoir (1)
descendre au château du Rû (2)
remonter à la mairie - panneau du départ (3)
étang (4)
manoir de Chafoulé (5)
ferme de Grange Justin (6)
hameau de La Roche : moulin du Rû (7) - lavoir (8) - haras de La Roche (9)
hameau de Villers : lieu de naissance de Jehan de Brie dit Le Bon Berger (1336 ou 1349 - après 1380) (10)
centre médico-éducatif - Fondation Ellen Poidatz (11)
hameau de Le Fourchaud : maison du coin (12)
croix des morts (13)
Aulnoy : oratoire (14)
château de Bonaventure (anciennement château de La Houssière) et sa ferme (15)
église Notre-Dame de l'Assomption (16)
plan de la randonnée
HISTOIRE
AULNOY (ALNETUM)
L'histoire du village que nous vous résumons est issue de différents documents et ouvrages. Ces ressources documentaires sont citées en fin de rédaction et certains sont proposées en texte intégral.
Sous les romains Aulnoy était une station militaire (mansion). Deux anciennes routes empierrées traversaient son territoire.
L'une s'appelait " rue julienne " dans certains titres du XVème siècle et reliait Chailly-en-Brie à Meaux.
On la connait également sous le nom de voie principale de Sens à Soisson. Cette voie passait par Amillis, Pontmoulin, franchissait le Grand Morin, remontait vers le plateau du Theil, laissant à sa gauche les habitations gallo-romaines du Montcel de Coulommiers puis vers le hameau de Villers par un chemin appelé Paré puis par le Fourchaud pour se diriger vers Jouarre.
L'autre s'appelait "grand chemin de Paris", venant de Rebais et coupant la rue julienne au hameau de Villers.
Cette voie remonte à Julien l'Apostolat, seul empereur romain de ce nom. Elle est aussi connue sous le nom de Voie secondaire de Coulommes à Doue. Plusieurs vestiges préhistoriques (silex taillés ou polis) et vestiges romains (tuiles) ont été retrouvés sur le territoire de la commune.
Au temps où Thierry III, roi de Neustrie, en 678, fit dont à l'abbaye de Saint Denis de Coulommiers de la mense d'Aulnoy, le pays comptait sept ou huit étangs disparus depuis le XIVème siècle (beaucoup de hameaux de la commune disposent ainsi de nombreux puits). Les trois derniers étangs ont été mis en culture en 1820, 1835, et 1848.
Le village dispose de nombreuses sources qui ont été acquises en 1879 par la commune de Coulommiers pour alimenter la ville qui recevait ainsi plus de 57 000 litres par heure en 1909.
Les abbés du monastère de Saint Denis au XVème siècle érigèrent en fiefs les métairies de Grange-Justin, de Bois Gauthier et de Chantemerle et confièrent à des serfs le soin de défricher la forêt pour constituer des villages. Celui de Villers sur Rognon fut le premier en date. Ces serfs devenus libres devinrent propriétaires et la hiérarchie féodale fut de ce fait créée dans le pays. Les Seigneurs d'Aulnoy relevaient de ceux de Coulommiers.
Par lettre patente du 20 mars 1518, Germaine de Foix, reine de Navarre, douairière d'Aragon et de Sicile, Dame de Coulommiers, dont copie fut délivrée à Jean Beldon, secrétaire de François 1er, greffier au Parlement de Paris, seigneur d'Aulnoy, dit qu'à partir de cette date, lui et ses successeurs, moyennant redevance "d'une paire de gants Honnêtes selon notre Estat et dignité" obtenaient le droit de haute, moyenne et basse justice avec celui de faire dresser un gibet patibulaire à deux piliers seulement en exécution de la dite justice seigneuriale. Ce droit était limité par celui des religieux de l'abbaye de Coulommiers, seigneurs de Villers dont le prévôt était en 1773, Louis-Joseph Berton, avocat au Parlement.
C'est au hameau de Villers sur Rognon que naquit Jehan de Brie dit lebon berger. Il écrivit en 1379 à la demande du roi Charles V un traité sur l'élevage des moutons dont le titre était "Le vray régime et gouvernement des bergers et bergères traitant de l'état, science et pratique de l'art de bergerie et de garder ouailles et bêtes à laine"
LIEUX ET BÂTIMENTS
L'Église d'Aulnoy, bâtie en 1237, sur ordre de l'Évêque de Meaux, Pierre de Cuisy, est située au cœur du bourg sur une petite hauteur. Son clocher domine la région et est visible depuis la route de Coulommiers à Jouarre. Inscrite à l'inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, le chœur de l'Église présente un décor néogothique datant de 1894 signé par E.Gueux. Le décor des voûtes est constitué d'un semis d'étoiles avec une frise à motif floral sur le pourtour de chaque voûtain. Dans chaque écoinçon se trouve un grand motif d'inspiration végétale de même que sur les cerces, les ébrasements des vitraux et la partie murale au dessus des vitraux. Historiquement, Aulnoy faisait d'abord partie de la paroisse de Coulommiers dépendant du Prieuré de Sainte-Foy. La population et les maisons seigneuriales augmentant, l'Évêque de Meaux, Pierre de Cuisy, érigea Aulnoy en cure en 1226, ce ne fut pas sans résistances de la part des habitants qui, étant paroissiens de Coulommiers, ne payaient pas le droit de Tonlieu (droit perçu pour le Prieuré de Sainte-Foy sur les ventes faites sur le champ de foire par les gens n'appartenant pas à la paroisse) pour vendre leurs denrées à la ville et allaient être, de ce fait, obligés à le payer. Il y eut aussi une discussion pour le lieu de l'Église, Villers étant plus important à cette époque, mais Aulnoy l'emporta. En 1234 une chapelle fut érigée à la Grange Justin, sous le vocable de Saint Philippe et Saint Jacques. La construction de l'Église, dédiée à Notre Dame, suivit de peu (1237). De cette époque datent les fonts baptismaux et les colonnes de l'Église. Celle-ci fut plusieurs fois brûlée ou détruite en partie (pendant la guerre de 100 ans). Les voûtes sont du 15ème siècle, ornées au sommet des armoiries des familles nobles de la paroisse qui contribuèrent à l'entretien ou à la réparation de l'Église. La nef a été simplement plafonnée après la dernière destruction ; la nef de la Sainte Vierge, autrefois chapelle de La Trinité, s'arrête à la hauteur de la base du chœur de la nef principale par les quatre gros piliers du clocher. Un plan datant de 1739 porte la trace d'un bas-côté aussi long que la nef, avec la mention "qui a été commencé, et n'est pas achevé". Aurait-on autrefois manqué de fonds pour les terminer, ce qui s'est produit en bien des cas, même illustres ? Des colonnes sont à demi prises dans le mur de côté de la nef de la Sainte Vierge et des armoiries des voûtes se voient encore ; des fondations se retrouvent dans le cimetière lorsqu'on creuse à cet endroit. Outre les fonts baptismaux, l'Église contient encore de fort belles boiseries.
En 1892, Madame Lucie de Bigault de Granrut, épouse Maurice Gautier de Charnacé, fit faire de grandes réparations et améliorations à l'Église, déplaçant et rebâtissant la sacristie, faisant rétablir les fenêtres de l'abside (on peut remarquer le blason de la famille sur l'un des vitraux) et de la chapelle de la Sainte Vierge, qui avaient été murées, réparant le chœur.
L'Église fait partie de la paroisse de Coulommiers et accueille parfois l'office ainsi que des cérémonies de mariage.
Les lavoirs d'Aulnoy : Les lavoirs des différents hameaux ont été, pour la plupart, restaurés dernièrement. Ils font partie du patrimoine du village et sont considérés comme tels par les Alnaysiens. Chaque hameau est fier de son lavoir.
La Roche : Le lavoir de La Roche a été restauré et est situé au milieu du hameau. Il se compose de deux abris couverts séparés par le carré d'eau. Les ouvertures qui ont été protégées par des grilles sont orientées dans l'axe nord - sud.
Le Bas Mesnil : Le lavoir du Bas Mesnil est constitué d'un côté couvert et d'une pièce d'eau accessible sur trois côtés. Le quatrième coté donne sur la route.
Le Bourg : Le lavoir du Bourg a été été restauré en 2010. Il composé de quatre côtés couverts. Il est donc entièrement fermé sur lui même et est peu visible depuis la route du bourg.
Les Grandes Demeures : Une particularité de notre village provient des nombreuses demeures de caractère qui composent les différents hameaux. De la pure maison briarde au château ou à la maison de maître, le village compte de nombreuses habitations remarquables. Nous vous en présentons ici quelques unes :
Château de Bonaventure (anciennement château de la Houssière, château d'Aulnoy) : est composé d'un grand parc et d'un château de forme antique flanqué de quatre tours et entouré de fossés. Quelques personnages, firent à cet endroit leur demeure, faisant hommage au Comte de Champagne : Robert d'AULNOY en 1171, Thomas d'AULNOY ou de la HOUSSIERE en 1250. Ce dernier détenait, comme l'ayant reçu du roi, la maison de la HOUSSIERE. En 1516,Germaine de Foix, sœur de Gaston de Foix, seigneur d'Aragon et dame de Coulommiers érigea en fief, avec tous les droits de haute et basse justice - dont celui d'élever un gibet patibulaire à deux fourches - et de cens, la terre de la Houssière, en faveur de son notaire, Jehan de Beldon, pour le récompenser de ses bons et loyaux services. Il entra en jouissance en 1518. De cette époque datent quatre tourelles situées aux angles des fossés. Jehan de Beldon et sa femme Huguette de Quincampoix en jouirent paisiblement ; à la mort de celui-ci le domaine fut partagé en deux. Le château et quelques terres passèrent à un Monsieur Charron appelé Messire de Verdelot, dont le fils le posséda en 1602. Jean de Bragelongue en hérita en 1648 et vendit cette part en 1659 à Philippe de la Motte Nereliessart. L'autre partie resta au petit fils de Jehan de Beldon, Louis Le Bègue (aveu de 1612). Son fils François céda cette partie à Philippe de Rémy en 1626. Charles Ansoin acheta ces terres en1653 et les légua à sa fille Anne dont le mariage avec Philippe de la Motte Merellessart reconstitua le domaine dans son état primitif ; mais les deux filles de Philippe, demoiselles Marie-Anne et Anne Angélique vendirent le fief de la Houssière en 1682 et 1683 à Martin Gaullier, écuyer, Lieutenant d'artillerie du département de Metz et à sa femme Marie Desnoyer (celle-ci est enterrée à l'Église ainsi que plusieurs enfants). Dès 1720 son fils Charles Martin Gaullier vend le fief à Nicolas François Dupin, conseiller du roy, agent de change, banque et finance, mais ce dernier revendit la seigneurie dès 1750 à Messire Louis de Mayou, Chevalier, Conseiller du Roy en son conseil, Procureur Général du Conseil de la Reine et cy devant Conseiller du Roy en sa cour et parlement et grand-chambre. Celui-ci devint un seigneur important, ayant peu à peu acquis toujours à Aulnoy, un des fiefs de Bois Gauthier, la ferme du Haut Mesnil (1773), les droits de haute et basse justice et censive du Petit Bois Gauthier, des parties de Chantemerle, la ferme de Saint Amand (dans le bourg), le fief du grand Arrangeon et des fiefs dans les communes voisines. Il exploitait lui-même la ferme de Saint Amand. En 1809, Monsieur François Louis de Mayou, fils de Louis de Mayou vendait Aulnoy (l'ancien manoir de la Houssière, les terres en dépendant et Saint Amand à Bonaventure François, Baron Gautier de Charnacé. Depuis cette date, la propriété est demeurée au sein de cette famille jusqu'en 2017 et a été revendue deux fois par la suite.
Le parc a été fortement endommagé le 26 décembre 1999, lors de la grande tempête, tout comme toutes les forêts et bois environnants.
Château du Ru : Cette demeure qui tient son nom du Ru Rognon, affluent du Grand Morin, est entourée de fossés remplis d'eaux vives. l'histoire raconte que "En 1592 le sieur Vitry Rentigny, capitaine de Meaux, partit au matin de Meaux avec avec sa cavalerie composée de 120 hommes dont les arquebusiers à cheval, 200 fantassins et enviro 600 Espagnols venus de Lizy avec quelque cavalerie, un des six canons que les Espagnols avaient laissés à Meaux, et une moyenne pièce appartenant à cette ville, dans l'intention d'y prendre par force le château du Ru dans la paroisse d'Aulnoy, dans lequel était le capitaine Bobé, lequel ne fut point trouvé dedans, n'y ayant laissé que dix à douze soldats, qui ouvrirent ce château, furent faits prisonniers et emmenés à Meaux. Après cette redddition, le pont-levis du château fut rompu, ainsi que les deux flanquiers et les deux pièces de canon furent conduites au faubourg de la porte de Meaux de Coulommiers, dans lequel l'infanterie légère logea. L'intention de sieur de Vitry Rentigny était de faire quelques entreprises sur la ville ; mais il trouva les habitants si bien sur leur garde, qu'il en délogea le lendemain, après avoir pillé le faubourg, et emmena avec lui lesdites deux pièces de canons.
L'association entre Richard Anthony et le village d'Aulnoy (situé en Seine-et-Marne, près de Coulommiers) fait référence à une période marquante de la vie de la célèbre idole yéyé des années 1960.Au sommet de sa gloire, le chanteur de J'entends siffler le train s'était installé dans cette commune briarde en y achetant une vaste propriété bourgeoise : le Château du Ru.Richard Anthony a vécu plusieurs années à Aulnoy au château du Ru. Ce domaine n'était pas seulement sa résidence familiale, mais également un lieu de création et de réception où se croisaient les célébrités et les musiciens de l'époque yéyé. Passionné d'aviation et de grosses cylindrées, il utilisait sa fortune pour mener un train de vie fastueux dans la région, se déplaçant parfois en hélicoptère ou avec ses avions privés depuis les aérodromes voisins.
Manoir de Chafoulé.
Centre médico éducatif de Villers : Il est composé d'un parc de 30 hectares.
Les fermes garantes de la ruralité de notre village : les fermes d'Aulnoy se répartissent sur l'ensemble du territoire communal. Leurs exploitants nous permettent de vivre au rythme des saisons :
la Grange Justin
Ferme du Logis, de Villers
Le chemin traverse les 7 hameaux d'Aulnoy et s'articule autour des points d'intérêt suivants :
1. Le Centre-Bourg d'Aulnoy : Point de départ présentant l'histoire du village médiéval vieux de 800 ans.
2. Le Hameau de la Roche : Découverte d'une source unique captée il y a 4 siècles pour alimenter Coulommiers par simple siphonnage gravitaire.
3. Le Hameau de Villers (Villers-sur-Rognon) : Lieu de naissance de Jehan de Brie (en 1349). Ce "Bon Berger" est célèbre pour avoir rédigé en 1379 le tout premier traité d’art vétérinaire et de bergerie (Le Bon Berger) sur commande du Roi Charles V.
Jehan de Brie : Le Bon Berger
J'ai rencontré de nombreuses personnes fascinantes en parcourant le monde médiéval à travers les livres, les chansons et la poésie, mais personne ne m'a autant diverti que Jehan de Brie, un berger français du XIVe siècle. Son guide du métier de berger, « Le Bon Berger », raconte son histoire et ses mésaventures, tout en prodiguant des conseils sur la vocation.
Les débuts de Jehan dans la vie n'ont pas été de tout repos. A huit ans, « alors que les enfants ont encore des poux, commencent à perdre leurs dents de lait et n'ont pas encore acquis le moindre bon sens », Jehan s'occupait des oies, les protégeant des pies, des chats, des corbeaux et des milans. Il fit cela pendant un an, puis on lui confia la garde des porcelets. Chaque jour, il les emmenait au pâturage, mais ils étaient « indisciplinés » et s'échappaient sur le chemin du retour. Tandis que le malheureux propriétaire des porcs cherchait toujours son bétail, Jehan pensa qu'il valait mieux changer de travail (du moins, c'est ce qu'il raconte).
Ensuite, il s'occupa des chevaux de trait, pour les bouviers et les charretiers, les encourageant à galoper plus vite. Il continua ainsi pendant trois mois, jusqu'à ce que l'un d'eux lui marche sur le pied droit. Une fois de plus, il se rendit compte qu'il s'était trompé dans son choix d'animal. Aussi, une fois son pied guéri, il se tourna vers les vaches.
Il passa deux ans à s'occuper de dix vaches laitières, jusqu'à ce que l'une d'elles, « ivre de mauvaise herbe ou désespérée de s'accoupler », le renverse d'un coup de corne. Plus de vaches.
Le décompte des années selon Jehan est aussi approximatif que les méthodes utilisées par les bergers pour compter leurs moutons. Il nous raconte qu'après cinq ans passés à s'occuper de différents animaux, il avait onze ans lorsqu'on lui confia vingt-quatre « agneaux bénis » qui ne lui firent ni mal ni ne le renversèrent. Il avait trouvé sa vocation.
Dès lors, il apprit « l’état, la science et la pratique de l’art pastoral, de l’élevage des moutons et des bêtes à laine ». Il les nourrissait, les tondait, les poudrait, les oignait et les saignait selon la coutume. Il les protégeait des loups et autres prédateurs, avec l’aide de son chien.
Un berger possédait un mastiff pour protéger ses troupeaux, et les méthodes de dressage utilisées sur Nici étaient celles recommandées par Jehan, peu susceptibles de donner de grands résultats avec un chien de montagne des Pyrénées, à mon avis. Cependant, l'instinct de protection de ces chiens envers ceux (moutons ou personnes) auxquels ils se sont attachés est si fort qu'ils accomplissent généralement leur tâche indépendamment du dressage.
Dans mon ouvrage « Song Hereafter : 1154 in Hispania and the Isles of Albion » , je mentionne les chiens de berger de Pembroke, plus connus aujourd'hui sous le nom de corgis du Pembrokeshire. La race existait bel et bien au XIIe siècle et, étant un chien de berger, j'émets l'hypothèse que certains fermiers ont découvert et exploité les aptitudes de ces chiens pour la conduite des troupeaux de bovins ou de moutons. Peut-être cela a-t-il commencé à Pembroke, un petit comté du Pays de Galles ; qui sait ! Jusqu'à présent, je n'ai trouvé aucune confirmation et les collies n'apparaissent comme race que plusieurs siècles plus tard. Au lieu de chiens, ce sont les enfants qui gardaient les moutons. Les apprentis bergers et bergères couraient près du troupeau, voire restaient dans les champs.
Un berger devait aussi compter son troupeau. Au début du livre, Jehan nous dit : « Quiconque craint de perdre sa page peut poser une pierre ou une autre marque sur la table des matières. » Cette instruction illustre deux des méthodes utilisées par les bergers pour compter leurs moutons (le mot signifiant autrefois « vingt »). Certains mettaient de petits cailloux dans leurs poches, tandis que d’autres comptaient en entaillant un bâton, souvent par groupes de cinq. Les bergers anglais utilisaient des systèmes de numération rimés locaux, de un à vingt. « Yan tan tethera » est le début d’un de ces systèmes de comptage de moutons en usage dans le nord de l’Angleterre.
Un autre aspect du traité de Jehan est le caractère sacré du ministère pastoral ; il cite abondamment les Écritures, fier d’être berger. Dans la chrétienté médiévale, le ministère pastoral était considéré comme une vocation honorable. Ce n’est pas un hasard si le terme « pasteur » (berger) en est venu à désigner un ministre chrétien, responsable de son troupeau métaphorique.
La notion de « bon berger » avait une résonance spirituelle et métaphorique, reconnue aussi bien par les paysans que par les seigneurs. De même, un « mauvais berger » était pire qu'un ouvrier négligent. Le vol de moutons était un crime odieux, non seulement parce qu'il s'agissait d'un vol, mais aussi parce qu'il constituait une attaque contre un berger.
Les bergers étaient-ils tous des hommes ? Certainement pas. Le traité de Jehan de Brie s’adresse aux bergers et bergères, reconnaissant ainsi la présence de ses homologues féminines qui apprenaient le métier de la même manière. Les apprentis bergers et bergères couraient auprès du troupeau, voire restaient dans les champs. On ne manquait jamais de monde pour les tâches les plus ingrates et les plus modestes.
Aussi pratique qu'ait pu être une véritable bergère, l'idéalisation de cette vie est illustrée par le jeu de déguisement de la reine Marie-Antoinette au Petit Trianon. Il existe une tradition de littérature pastorale dans l'Antiquité, ravivée à partir de l'époque de Shakespeare et atteignant un apogée d'idylles rurales aux XVIIIe et XIXe siècles. Se déguiser en bergère, en chevrier ou en laitière, s'amuser avec des paysans au son de la flûte de Pan, est dépeint dans l'art et la littérature comme une expérience nostalgique et sensuelle, un « retour à la nature », sans que l'on comprenne vraiment ce que ces métiers impliquent.
Pour mon récit, j'avais besoin de savoir ce que faisait réellement un berger au Moyen Age au quotidien, et Jehan de Brie m'a donné l'impression d'être à ses côtés, lorsqu'il évoquait les saisons et les maladies qu'elles engendraient. Je sais désormais qu'il ne faut pas nettoyer les étables en mai, car c'est à ce moment-là que « la terre ouvre ses entrailles, libérant des humeurs superflues qui provoquent de la fièvre ». J'ai aussi appris que la bouse de mouton permet de préparer une boisson (pour les humains) aux vertus thérapeutiques, même si je n'ai aucune intention de tester mon extracteur de jus avec une telle mixture. Des méthodes ancestrales de prédiction du temps aux rituels de purification avant la castration des agneaux, Jehan nous livre un guide détaillé.
Tout au long de son œuvre, il souligne que le métier de berger est une vocation honorable. Dans les crèches vivantes de toute la chrétienté moderne, les bergers sont des personnages très appréciés, et pourtant, rares sont ceux qui savent en quoi consistait ce travail. Grâce à Jehan de Brie, j'en sais un peu plus. Comme il le dit au début de son ouvrage, citant saint Jean : « Il faut entrer par la porte dans une bergerie, et celui qui entre autrement est un voleur. Entrons donc par la porte. »
Jean Gill qui a écrit Le Conte de Noël de Nici (Nici est le nom du chien)
AULNOY - Château du Rû - la Tour - Fondation de Bienfaisance Louise Escuyer (19-4-1916)
Château du Rû d'AULNOY (S-et-M) - Œuvre de la Chaussée du Maine (Fondation Escuyer)
AULNOY - Château du Rû - Fondation de Bienfaisance Louise Escuyer
Château du Rû d'Aulnoy (S-et-M) - Œuvre de la Chaussée du Maine (Fondation Escuyer)
Château de Villers
Château de la Houssière 18e siècle
Château de la Houssière
photo aérienne Château de Bonaventure et sa ferme
photo aérienne du village d'AULNOY
Jehan de Brie
Jehan de Brie surnommé le bon berger présente son livre Traité de l'art de bergerie au roi de France Charles V
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Il pleut bergère
Il pleut, il pleut bergère,
Rentre tes blancs moutons,
Allons à la chaumière
Bergère, vite allons.
J’entends sous le feuillage
L’eau qui tombe à grand bruit,
Voici, venir l’orage,
Voici l’éclair qui luit.
Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant.
Prends un abri bergère,
A ma droite en marchant.
Je vois notre cabane
Et tiens voici venir
Ma mère et ma sœur Anne
Qui vont l’étable ouvrir.
Bonsoir, bonsoir ma mère,
Ma sœur Anne bonsoir ;
J’amène ma bergère
Près de nous pour ce soir
Va te sécher, ma mie
Auprès de nos tisons,
Sœur, fais lui compagnie
Entrez, petits moutons.
Soignons bien, oh ma mère,
Son tout joli troupeau,
Donnez de la litière
A son petit agneau,
C’est fait, allons près d'elle.
Eh bien ! donc, te voilà ?
En corset qu’elle est belle
Ma mère, voyez-la !
Soupons, prends cette chaise,
Tu seras près de moi.
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi.
Goûte de ce laitage.
Mais tu ne manges pas ?
Tu te sens de l’orage,
Il a lassé tes pas.
Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y bien jusqu’au jour,
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas bergère,
Ma mère et moi demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.
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Jehan de Brie - Traité de l'art de bergerie
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